Si je me suis précédemment présenté à vous d’une façon plus officielle et conventionnelle, je me dois de vous faire voir une facette de ma personnalité que j’associe à avoir été baptisé « Bruce ».

Alors, je suis un BRUCE!

S’il vous est passé par la tête d’affubler votre petit mâle du prénom de Bruce, considérez ce qui suit comme une mise-en-garde.

Madame Ruth Major Lapierre, dans son livre intitulé Un prénom qui lui ressemble (Montréal, Éditions Libre Expression, 1999), présente les Bruce comme suit :

Il « vient des taillis (pensez à ‘brousse’, à ‘brosse’ et à ne pas prendre à ‘rebrousse-poil’) ». Bruce a des manières de grand seigneur quand il traite avec les représentants du sexe opposé. Question de l’expression de ses sentiments, ce n’est pas l’adresse qui le caractérise. Il a un drôle de caractère tout en contradictions. Il peut vous convaincre de la nécessité de faire une chose un jour, pour vous persuader du contraire avec autant d’arguments valables, le lendemain. Il se veut libre et résiste à toute manifestation d’autorité. Quand il trouve un intérêt, Bruce passe énormément de temps à faire sa connaissance, à l’apprivoiser, il en parle pendant des mois, et puis soudain, il balance tout, considérant qu’il a fait le tour du jardin, et passe à autre chose de tout à fait différent.

Si vous avez bien compris, votre Brucy risque d’avoir de la misère et vous, comme ce fut le cas pour mes parents, en pâtirez aussi. Beau programme!!!

Deux personnages historiques – Robert the Bruce et Edward Bruce

Il y a eu une lignée de seigneurs qui ont guerroyé contre les anglais aux XIIIe et XIVe siècles. L’un s’appelait Robert the Bruce et devint roi d’Écosse. C’est probablement lui le méchant dans Braveheart avec Mel Gibson. Son frère, Edward Bruce fut roi d’Irlande à la même période. Des « rough and tough! »

Un scientifique – David Bruce

Au cours des étés 1959, 1960 et 1961, javais alors 12 ,13 et 14 ans, j’ai eu le grand bonheur et l’extrême chance d’accompagner mon grand-père paternel dans son travail d’inspection des troupeaux de vaches de la région de Saint-Jean-sur-Richelieu. Nous passions de ferme en ferme pour prélever des échantillons de sang de tous les bovins pour qu’on puisse y déceler la présence de bactéries nommées Brucella. Imaginez-vous, je portais le nom d’une maladie, la Brucellose, du nom du chercheur David Bruce.

Cette expérience de visite de centaines de fermes a marqué ma compréhension du monde agricole. Ainsi, j’ai pu observer l’avènement des veaux Holstein issus de l’insémination artificielle. Je me souviens de ces jeunes veaux à la tête plus large et au poil frisé de leur front. Ils étaient très beaux. Aujourd’hui, les usines à lait Holstein, c’est ainsi que je les qualifie parce que on a tellement altéré les caractéristiques de cet animal afin d’en tirer le plus de lait possible au cours d’une vie malheureuse et écourtée, ne peuvent plus sortir paître à l’extérieur car, si elles couraient, elles pourraient détruire leur pis en passant un sabot au travers, ce qui se conclurait par l’abattage de l’animal. Je vous décrirai le monde agricole à l’occasion d’un prochain entretien.

Un contraste géo-économique – la Péninsule de Bruce en Ontario

Il s’agit ici d’un parc national dans l’escarpement de Niagara. À proximité de cette réserve naturelle protégée par l’UNESCO, on trouve aussi une centrale électrique nucléaire portant le prénom damné.

En course automobile – Bruce McLaren

Excellent pilote néo-zélandais de Formule 1 et de voitures Can-Am, il a fondé l’écurie McLaren. Il est mort en 1970 à l’âge de 32 ans en essayant un de ses prototypes Can-Am.

Un chanteur – Bruce et les Sultans

Dans les années 1960, Bruce Huard, cette grande vedette, beau gosse de Saint-Hyacinthe, était à la tête du groupe yéyé Les Sultans. Après sa carrière musicale, il est devenu Témoin de Jéhovah.

Un autre chanteur – Bruce « The Boss » Springsteen

En 1985, alors en tournée en France, il fait un chèque de 10 000 $ au Bureau d’aide sociale de Saint-Étienne, ville sinistrée par la fermeture de l’usine Manufrance.

En 1988, 1 an avant la chute du mur de Berlin, il avait chanté à Berlin-Est pour 300 000 jeunes allemands. En parlant du mur, il leur dit : « Je ne suis ici pour aucun gouvernement, je suis venu pour jouer du rock’n’roll pour vous dans l’espoir qu’un jour toutes les barrières seront abolies. » Un contestataire prophète!

En 2002, il dit de sa chanson Born in the U.S.A. : « J’ai chanté cette chanson pour dénoncer les conséquences de la guerre du Viêt-Nam, aujourd’hui, je la chante pour la paix » Toujours contestataire!

En 2008, en politique, il prend position contre les Républicains. Il supporte Obama.

En 2012, il milite pour les droits des homosexuels en apportant son soutien au mariage gay.

Un athlète d’exception – Bruce Jenner

Aux jeux d’été de 1976, à Montréal, il était médaillé d’or au décathlon. Une discipline de gars pour un vrai gars.

En 2015, il devient Caitlyn Marie Jenner. Un vrai Bruce, ben mêlé!

Des personnages de cinéma –

Bruce Almighty – interprété par Jim Carey

Bruce Nolan, un reporter à la télévision se plaint à Dieu parce qu’il (Dieu) ne fait pas son travail correctement, se voit offrir d’occuper le poste suprême pour une semaine.

Bruce Banner – tu marches sur le pied d’un Bruce, il devient Hulk

Bruce Wayne – le justicier de Gotham City qui se déguise en Batman

Bruce le grand requin blanc dans le film Finding Nemo

Ce requin mangeur d’hommes est mêlé comme les autres Bruce. Il est, contre nature, végétarien.

Des acteurs vedettes –

Bruce Lee

Dans l’histoire de ce Bruce, le conflit faisait partie de ses films. Cependant, il les résolvait à sa façon et à son avantage. L’autre conflit survint après sa mort : on n’en connaît pas encore précisément la cause.

Bruce Willis – double nationalité

Allemand d’origine (né à Idar-Oberstein), débute sa carrière de séducteur dans la série télévisée Clair de lune (Moonlighting), il a tenu des rôles comiques, dramatiques et d’action. Rappelez-vous John McClane dans Die Hard. Tellement mêlé qu’il s’est marié à l’actrice Demi Moore (La Moitié Plus)

Un biologiste du développement cellulaire – Bruce Lipton

Tout un Bruce! Un vrai de vrai! Il rue dans les brancards, conteste, et devient par le fait-même contesté.

Je l’aime profondément. Je me retrouve tellement dans son style contestataire… C’est un marginal, un baveux, un provocateur. Il est capable de faire le vide lorsque ses convictions se heurtent à la pensée établie, à la médiocrité de l’establishment qui refuse d’évoluer au fur et à mesure de l’avancement de la science. Il démissionne de postes importants pour demeurer fidèle à ses convictions.

J’élaborerai plus avant sur ce singulier personnage à l’occasion d’une autre présentation sur l’épigénétique.

Je suis un Bruce.

J’ai sauté deux années au primaire puis doublé deux années au collège classique, dont une avec une moyenne de 61 %. Je n’ai pas étudié tout au long de mon curriculum scolaire, mais n’ai jamais cessé de lire depuis que j’ai mis yeux sur un magazine auquel le collège nous abonnait : Our Little Messenger. C’était en 1958. J’y ai trouvé une source d’information à jour, succincte, illustrée et technique à souhait. C’était parti ! En 1965, lors d’une expédition familiale de magasinage à Plattsburgh NY, je me suis acheté 3 magazines d’automobiles : Car Life, Car & Driver et Road & Track. Je les ai tellement aimés que j’ai rempli 3 bons de commande et me suis abonné. Par la suite, je les ai tellement lus que j’ai fini par devenir « drop out » en 1977 alors que ce n’était pas encore à la mode. Par la suite, je me suis brouillé avec tous les employeurs que j’ai eu, à l’exception de 3 ou 4.

Ce ne sont là que quelques simples exemples. C’était comme ça que je faisais un véritable « Bruce » de moi-même!