ÉPIGÉNÉTIQUE
ou
Comment les traumatismes, les toxines et nos pensées influencent nos gènes, nous rendent malades et nous font mourir prématurément

Nous nous sortons lentement et péniblement de l’ère du contrôle génétique, cette période de victimisation, pour nous épanouir grâce au contrôle épigénétique. C’est ainsi que nous reprenons la maîtrise de notre destin.

Je lis des livres, des tas de livres. Aujourd’hui, je suis plongé dans l’autobiographie de Francis Crick, écrite en 1988. Monsieur Crick est l’un des découvreurs de la double chaîne hélicoïdale de l’ADN en 1953 avec James Watson, Maurice Wilkins et, surtout, Rosalind Franklin. À l’occasion d’une pause de lecture, je me surprends à imaginer un prédicateur (pas moi) tenant dans sa main droite un livre saint. Il pourfend ses auditeurs, les menace au nom de la justice de Dieu. Que de bouquins contenant toutes sortes de théories, de vérités, d’absolus (même si ce n’était que l’absolu du doute), de science et, surtout, de pseudo-science, celle-là-même qui se veut parfois universitaire! Pourquoi je pense à ça? Simplement parce qu’en 1958, Monsieur Crick a émis son hypothèse sur le « secret de la vie » comme étant le « dogme central » de la biologie moléculaire, une construction voulant que l’information en biologie circule de l’ADN en passant par l’ARN pour arriver à la protéine. S’en est suivi une série d’extrapolations dont l’une voulant que, si un gène donne la codification pour une protéine, comme le corps fait appel à approximativement 100 000 protéines différentes et, qu’en plus, nous ayons besoin de 25 000 à 40 000 gènes régulateurs, le génome humain devrait donc contenir entre 125 000 et 140 000 gènes. C’était là une des croyances en 1990, lors du lancement du projet Génome humain. En 2001, le résultat de cette recherche a donné quelque 31 000 gènes, nombre revu à la baisse quelques années plus tard (moins de 22 500). En 2016, nous en sommes rendus à environ 19 000 gènes. Cherchez l’erreur. On n’en a pas trop parlé de ces résultats décevants, mais on s’est mis à réfléchir sur les conséquences de ce si petit nombre. Nous évoquerons ce passage peu glorieux à l’occasion d’un article subséquent.

Je disais donc que Monsieur Crick, dans son autobiographie, confessait que son dogme central n’était qu’une hypothèse :

« I called this idea the central dogma, for two reasons, I suspect. I had already used the obvious word hypothesis in the sequence hypothesis, and in addition I wanted to suggest that this new assumption was more central and more powerful. I did remark that their speculative nature was emphasized by their names.

As it turned out, the use of the word dogma caused almost more trouble than it was worth… I… applied it to a grand hypothesis that, however plausible, had little direct experimental support. » (L’emphase vient de moi.) (Crick, Francis H.C. 1988 What Mad Pursuit: A Personal View of Scientific Discovery New York, NY Basic books Inc. p. 109)

C’est ainsi que, de l’imagination d’un grand découvreur, le monde de la biologie a échafaudé théories par-dessus théories, toutes basées sur une croyance religieuse (un dogme – Allez! Allez! À vos dictionnaires!). La gravité d’un tel comportement antiscientifique fait que depuis 1958, la notion que la maladie découle de nos gènes domine le monde médical, faisant de nous des victimes. Maintenant que l’épigénétique a repoussé les limites de notre ignorance, les facultés de médecine ne semblent pas encore s’être mises à jour quant au potentiel de prévention et de guérison qu’on pourrait nous offrir en nous rendant maîtres et responsables de notre santé.

Partant de ces considérations, je dois donc me responsabiliser et trouver mes propres sources d’information.

Caractéristiques du contrôle génétique

Nous devons beaucoup à quelques biologistes naturalistes pour leurs études et manipulations génétiques sur des plantes et des races d’animaux. Grâce à leurs recherches, nous avons appris des tas de choses sur les caractères hérités de nos ancêtres. Watson et Crick avaient fourni une clé pour la compréhension de la vie. Les biologistes moléculaires ont dès lors cherché comment on pouvait tabler sur cette connaissance de l’ADN pour contrôler parfaitement l’évolution sur la planète. Oubliant de se questionner sur l’importance des protéines, les efforts furent concentrés à étudier les gènes. On les associait à des caractères, à des comportements, à des défauts, à des maladies. Partant du raisonnement que si nous connaissons les gènes qui causent telle ou telle condition, on se mit en frais de tous les identifier afin de les corréler à tout et à rien (le gène du bonheur ou celui de la dépression, etc.). Fallait donc en faire un inventaire. Naquit le projet Génome humain. Cette tâche titanesque devait se concrétiser dans une sorte d’apothéose, d’une résolution totale et parfaite de la compréhension de tous les secrets de la vie. Le coup de grâce! La synthèse définitive! Après ça, les savants n’auront plus qu’à se concentrer sur le design de thérapies fondées sur la correction des erreurs génétiques et guérir leurs patients « à la carte ». On pourra même commander les caractéristiques des enfants à naître.

La révolution épigénétique

La pensée du monde de la biologie en ce qui concerne l’hérédité et l’évolution traverse un bouleversement qui tient de la révolution. Depuis plus de 60 ans, nous évoluons à l’intérieur du paradigme d’une biologie centrée sur le gène. Eh bien, aujourd’hui, la science en est arrivée (depuis déjà une décennie) à l’épigénétique. Dans le cadre de ce blogue, je vais vous présenter comment elle serait du côté de « La Force », c’est-à-dire de la maîtrise de son destin alors que le contrôle génétique ferait de nous des victimes de notre hérédité.

Il y a toute une histoire entourant l’avènement de cette nouvelle science. Des noms, des dates, des doutes, des faits, etc. Au départ, il y eut Conrad Waddington qui a utilisé dans les années 1940 le mot épigénétique en pensant à épigénèse (théorie selon laquelle l’embryon se constitue graduellement dans l’œuf par formation successive de parties nouvelles), mot emprunté à Aristote. Il proposa un modèle avec sa représentation graphique que les biologistes qui voulaient bien le suivre ne comprenaient pas et qui, aujourd’hui, est considéré plus que douteux. Mais la possibilité que nous puissions reculer sur la notion que les gènes soient à l’origine de presque tout était lancée (même si des manifestations épigénétiques avaient bel et bien été observées avant Waddington).

L’épigénétique nous enseigne que l’hérédité tient à beaucoup plus qu’à nos gènes. Pour ceux qui ont étudié la théorie de l’évolution néo-darwinienne actuellement en vogue, et y croient, ils vont trouver que les nouvelles données et les nouvelles idées présentées ici sont plutôt hérétiques. Soyez rassurés! Tout ce qui suivra est bien fondé. De plus, malgré la révolution annoncée, on ne nie pas l’approche génétique néo-darwinienne. On lui ajoute des dimensions. Génétique et épigénétique se complètent.

L’épigénétique est un nouveau champ de la biologie qui révolutionne notre perception de la santé, du bien-être, de la survie. Son objet, son intérêt gravite autour de l’influence des traumatismes, de la toxicité et de la pensée sur la croissance ou la protection de notre équilibre homéostatique et sur l’expression de nos gènes. En avez-vous entendu parlé? Non? Pourtant, il se publie quotidiennement de nombreux articles, des études et des traités. C’est le sujet le plus populaire en biologie moléculaire.

Le terme « épigénétique » se rapporte aux altérations à long terme de l’ADN qui n’impliquent pas de modification de la séquence de celui-ci. Les exemples qui suivent nous montrent comment des caractéristiques sont transmises à travers des générations de cellules ou d’organismes sans changement dans la séquence de l’ADN. Certains traits hérités peuvent être influencés par l’environnement. Une version moderne de « nature versus maternage » (en anglais « nature vs nurture »).

Biologistes insatisfaits et constats faciles ou difficiles à expliquer, selon le modèle

Depuis longtemps, les penseurs (philosophes et chercheurs) se questionnent à savoir si nous héritons de caractéristiques de santé et/ou de maladie ou bien si nous les développons en vertu de notre environnement (sous entendre aussi notre culture ou habitudes de vie influencées par notre tribu)? Le modèle découlant du « dogme » n’explique pas les exemples qui suivent.

Famine en Hollande

Effets épigénétiques trans-générationnels

À la fin du mois de novembre 1944, les allemands se vengèrent des hollandais de l’Ouest (zone qui incluait Amsterdam) qui avaient posé des gestes de support aux alliés, en leur coupant les vivres. Ils réduisirent leur ration quotidienne à 1 000 calories. À la fin de février 1945, ils ne leur concédèrent plus que 580 calories. Avant que les soldats alliés n’aient pu les secourir à la fin de la guerre en mai 1945, 22 000 personnes étaient mortes de faim. Mais les survivants avaient été grandement affectés. Parmi les personnes touchées, il y eut les bébés qui sont nés pendant la période de disette, tout de suite après, et ceux qui ont été conçus durant les derniers mois de la famine. Après la guerre, les hollandais, des gens très structurés, compilèrent des données de santé sur tous leurs citoyens. Aujourd’hui, il est facile de consulter les registres de santé suivant cet événement. Ceci permit d’étudier systématiquement le sort des enfants nés à cette époque et, surtout, de leurs descendants. Le projet s’est appelé Étude de la cohorte des naissances de la famine hollandaise. Cette enquête sur la malnutrition se poursuit encore aujourd’hui.

S’en suivit une expérience qualifiée de « naturelle ». Des chercheurs du Royaume-Uni et des États Unis furent envoyés pour réaliser une étude à propos de l’effet de l’alimentation sur le développement du fœtus. Clement Smith de l’École médicale de Harvard fit le premier constat : les bébés nés durant la famine pesaient substantiellement moins que ceux qui étaient nés précédemment et manifestaient un piètre état de santé néonatale.

D’autres chercheurs étaient préoccupés par les effets à long terme. Au début des années 1960, les premiers garçons à atteindre l’âge de la conscription (18 ans) passèrent l’examen médical d’admission à l’armée. Un groupe de scientifiques étudièrent la statistique au cours des années 1970. Ils constatèrent que le taux d’obésité de ceux qui avaient été exposés à la famine au cours du 2e et 3e trimestre de disette, était significativement plus élevé (grosso modo le double) que pour les jeunes hommes qui étaient nés avant ou après la famine.

Une étude subséquente, incluant mâles et femelles se concentra sur les effets psychologiques. On y trouva une augmentation significative des risques de schizophrénie chez ceux qui avaient été exposés à la famine avant leur naissance. On nota aussi une augmentation des désordres affectifs comme la dépression. Chez les mâles, un accroissement du désordre de la personnalité antisociale.

Au cours des premières années 1990 débuta une nouvelle série d’études. La première, basée sur les données d’hôpitaux et portant sur le poids à la naissance des filles seulement, constatèrent que celles exposées à la famine au cours du 3e trimestre étaient anormalement petites tandis que celles exposées au cours du premier trimestre étaient plus grosses que la moyenne, suggérant une réaction compensatoire, peut-être dans le placenta, au stress alimentaire au début de la grossesse.

Dans la deuxième étude, portant sur les hommes et les femmes, lorsque la cohorte atteignit l’âge de 50 ans, les chercheurs se penchèrent sur diverses fonctions physiologiques et cardiovasculaires. Les personnes exposées à la famine avant la naissance étaient prédisposées à l’obésité, à l’hypertension artérielle et au diabète de type II. À l’occasion d’un autre examen, 8 ans plus tard, les effets n’en étaient qu’augmentés.

Cependant, la nature des effets dépendait du moment de l’exposition à la famine. Ainsi, les maladies coronariennes et l’obésité étaient reliées au premier trimestre. Le premier trimestre représentait pour les femmes une augmentation du risque du cancer du sein. Ceux qui avaient été exposés au cours du 2e trimestre présentaient plus de problèmes aux poumons et aux reins. On a noté un changement à l’intolérance au glucose chez ceux qui avaient été conçus à la fin de la famine.

Dans ce cas de la famine hollandaise, plusieurs sortes de cellules ont été touchées – cerveau, cœur, foie, pancréas. Une étude récente a permis de noter des différences épigénétiques dans un gène de cellules sanguines codifiant pour une hormone de croissance (IGF2). Sans pouvoir faire un lien causal direct avec des effets sur la santé des personnes affectées par la famine, on sait que les effets épigénétiques sur l’environnement fœtal se mesurent sur 60 ans.

Dans les exemples présentés ici, on constate que l’environnement externe nous touche à travers nos gènes sans les affecter directement. Ainsi, certains groupes de cellules réagissent différemment à un facteur environnemental, que ce soit un stress psychologique ou bien la privation de nourriture en cours de gestation. Que toutes nos cellules soient pourvues des mêmes gènes, tout effet environnemental devient spécifique à certains types de cellules. Nos cellules hépatiques réagissent d’une façon alors que nos neurones réagissent différemment alors que plusieurs autres sortes de cellules ne réagiront pas du tout. De plus, si la plupart des caractéristiques épigénétiques disparaissent lors de la production de cellules germinales, il arrive parfois que certaines d’entre elles soient transmises aux générations suivantes. Il importe donc de noter que des effets négatifs de la famine n’ont pas été limités qu’aux personnes directement exposées. Ainsi, leurs enfants sont plus à risque de mauvaise santé. Ce qui correspond à un mode de transmission non-génétique influençant la santé.

D’autres famines ont été étudiées et des effets semblables ont été répertoriés : famine du Biafra au Nigéria en 1968 et la grande famine en Chine en 1958-61 qui a eu pour conséquence une augmentation des risques de schizophrénie.

Souris Agouti et modification de l’alimentation

En laboratoire, les chercheurs connaissent bien les souris obèses au pelage jaune pour leur propension à trop manger, a développer des cancers, du diabète de type II et à mourir jeunes. Elles sont porteuses d’un gène Agouti « exprimé » (nous utiliserons la terminologie d’expression génétique pour dire qu’un être est affecté des caractères ou traits reliés à un gène ou à un groupe de gènes). Le chercheur Randy L. Jirtle, alors à l’université Duke (http://randyjirtle.com/research) a modifié la diète de souris Agouti enceintes en y ajoutant de l’acide folique, de la vitamine B12 et de la choline. Résultat : des souriceaux bruns, minces et en santé mais toujours porteurs dudit gène Agouti. Pas de changement à l’ADN, mais plutôt un héritage épigénétique qui se transmettra de génération en génération. (http://epigenome.eu/fr/2,48,994)

Abeilles-reines

Lorsqu’une ruche perd son abeille-reine, les ouvrières se mettent à alimenter une autre abeille avec de la gelée royale et la nouvelle élue reprend la taille et les attributs d’abeille-reine. Aucune modification au niveau de la composition génétique. Seulement l’expression des gènes selon les besoins et la nourriture spéciale fournie. C’est en 2012 qu’Andrew Feinberg a rapporté des différences dans les modèles de méthylation des molécules d’ADN d’abeilles travailleuses par rapport à l’abeille-reine. Les deux avaient exactement le même bagage génétique, mais affichaient des traits très différents. On a remarqué que les caractéristiques épigénétiques changeaient au besoin lorsqu’une ouvrière prenait le rôle de reine.

Méthylation – L’opération de méthylation peut se traduire par un changement d’alimentation (comme pour les souris Agouti) qui a pour effet de découvrir des parties de la chaîne d’ADN de sa couche de protéines et d’en exposer une partie qui sera lue et reproduite sous forme d’ARN afin qu’un caractère ou une fonction devienne exprimée ou non.

Jumeaux monozygotes

Ce sont les jumeaux identiques qui nous aident le mieux à comprendre le phénomène épigénétique. De fait, nous utiliserons le terme « monozygote » pour parler de ces jumeaux qui, avec le temps, deviennent de plus en plus différents. Les médecins, les biologistes et tous les autres savants des sciences sociales ont observé des tas de dissimilitudes entre des êtres qui, malgré un bagage génétique identique traversent la vie de façon très différente. L’un meurt de cancer à 37 ans le l’autre survit jusqu’à 85 ans et plus. https://www.youtube.com/watch?v=iN_OGPXAqXA

Et maintenant, Mesdames et Messieurs, dans le coin gauche, directement de Montréal, la fabuleuse équipe de McGill, les docteurs Moshe Szyf et Michael Meaney…

Ces deux-là, ils sont des idoles parmi leurs pairs en biologie épigénétique. Ils reçoivent des éloges tellement ressentis de la part des chercheurs des grandes universités américaines que leur orgueil doit en prendre pour leur rhume. De vraies stars!

Les membres des équipes des Docteurs Szyf et Meaney ont observé l’effet de soins nourriciers chez des ratons. Les rats qui avaient été pourléchés et maternés attentivement affichaient un comportement moins apeuré et mieux adapté, une fois devenus adultes, que ceux qui avaient eu la malchance de ne pas avoir autant d’attention de la part de leur mère. De là, on a imaginé d’autres expériences où on présentait un rejeton d’une mère moins caressante à une autre rate qui les adoptait et se mettait en frais de les pourlécher comme elle le faisait instinctivement avec, pour résultat, le changement de comportement lorsque le raton devenait adulte. Ce changement est considéré épigénétique puisqu’on observe l’expression de caractères génétiques qui se répètent de génération en génération sans qu’il n’y ait de modification de l’ADN.

Dr Meaney a trouvé que les rejetons adultes de rates qui pourlèchent beaucoup ont plus de récepteurs glucocorticoïdes dans certaines régions de leur cerveau, spécialement l’hippocampe, que les ratons des mères qui lèchent peu. Ceci occasionne une meilleure résistance au feedback négatif au cortisol et autres réactions biochimiques reliées au stress. Ces manifestations se reproduisent de la même façon chez les adultes qui ont changé de mère et reçu les soins. Bons soins, bonne résistance au stress, manque de soins, manifestations anxieuses sans changement de gènes, mais changement dans l’expression épigénétique.

Michael Meaney, C.M., Ph.D., C.Q., FRSC (https://www.youtube.com/watch?v=VxyoKyCf7-o)

Moshe Szyf, Professeur en pharmacologie et thérapeutique à l’Université McGill (https://www.youtube.com/watch?v=1CdDmOaTC_Y) (http://publications.mcgill.ca/reporter/2009/04/moshe-szyf-james-mcgill-professor-of-pharmacology-and-therapeutics/)

Du zygote (simple cellule avec message ADN unique) à un humain complet – différentiation des cellules

On a répertorié environ 240 types de cellules formant des membres, des viscères, un cœur qui bat, des fibres musculaires, des systèmes parfaitement régulés qui communiquent harmonieusement entre eux, des capacités de réparation et de guérison. Ça ne s’explique pas par le modèle génétique. Ce qui suit est une explication qui plaît aux biologistes qui cherchent une explication finale et complète du phénomène de la différenciation des cellules à partir du zygote. Comme ils avancent dans l’explication de théories épigénétiques, ils profitent de l’occasion pour se rabattre sur ce nouveau modèle afin d’expliquer l’origine de la vie. Je suis un ignorant parmi les autres ignorants, mais cette approche ne me convient pas. En ce qui me concerne, cette partie de la compréhension de la genèse serait mieux explicitée par les notions de morphogénèse et le modèle holographique. Un sujet complémentaire qui fera l’objet d’un article de ce nouveau roman de la science version 21e siècle.

Comment conjuguer génétique et épigénétique?

Malgré la très grande quantité de documents publiés quotidiennement, les personnes qui ont été formées à l’approche génétique, qui ont confiance à cette discipline, ont de la difficulté à accepter qu’une nouvelle science vienne remplacer celle qui leur convient si bien. Aussi, il leur est pénible d’envisager de changer leurs habitudes.

Afin de résumer le fonctionnement de l’approche épigénétique, j’aurai recours à l’analogie de la partition musicale évoquée par Eva Jablonka et Marion J. Lamb dans leur livre intitulé Evolution in Four Dimensions, Genetic, Epigenetic, Behavioral, and Symbolic Variation in the History of Life 2006 Cambridge, MA, MIT Press paperback edition, pp. 109-111. (Ma traduction, style paraphrase.)

Comment différents systèmes héréditaires peuvent-ils fonctionner concurremment au modèle génétique?

Pensons à une pièce musicale faisant appel à un système de notes écrites sur du papier : une partition musicale. Cette partition est copiée et recopiée afin de passer de génération en génération. Il est très rare qu’une erreur de copie ne passe d’une génération à l’autre sans qu’elle ne soit corrigée. Toutefois, il se peut qu’un clerc malveillant veuille apporter un correctif de son cru et change volontairement un détail de l’œuvre. Cette aspect de l’œuvre écrite, nous y référerons comme étant le génotype par rapport au phénotype qui en serait la prestation musicale. Dans une approche génétique, le génotype (l’ADN), c’est-à-dire la partition, serait transmis d’une génération à l’autre tandis que le phénotype, la performance, serait à refaire puisqu’il ne serait pas transmis. Ainsi, les changement au génotype, les mutations passeraient à la génération suivante sans que les variations du phénotype, les changements à la prestation ne soient transmis.

Dans l’explication du modèle épigénétique, nous passons à l’ère de la reproduction sur supports où sont enregistrées toutes les nuances de diverses performances. Ainsi, le génotype demeure le même, soit la partition tel que transmise à travers le temps ; par contre, un ou des musiciens, avec l’aide d’un directeur, de techniciens, peuvent se référer à toutes les versions déjà enregistrées et, partant de là, décider de présenter l’œuvre avec des instruments inédits, selon un style jazz ou autre, avec un tempo inspiré par le moment, etc. Le phénotype en est complètement changé et, parce que cette nouvelle performance est enregistrée, d’autres pourront copier et le génotype (la partition) et le phénotype (la performance jazzée). Mais l’ADN na pas été modifié. Seulement l’expression de gènes, en fonction de commandes de la part de protéines, se manifestera sur une ou plusieurs générations.

VOILÀ!

Y a-t-il un changement de paradigme? OUI!

Qui profitera de ce nouveau domaine? Tous ceux qui oseront croire à la science, qui accepteront de remplacer les dogmes par des faits et qui voudront bien agir sur les traumatismes qui les ont affectés, sur les toxines auxquelles ils ont été exposés et sur les pensées qui influencent les gènes. Profiteront aussi les chercheurs dans les facultés financées par les compagnies pharmaceutiques qui sont déjà en train de développer des médicaments encore plus à la carte (donc extrêmement chers) pour chaque réaction épigénétique qu’on pourra bien identifier.

Passera-t-on à côté des solutions les plus simples, les moins coûteuses, les moins interventionnistes, celles qui n’ont pas d’effets secondaires? OUI! OUI!, MILLE FOIS OUI! Parce que ce n’est PAS PAYANT pour les pharmaceutiques et pour la médecine interventionniste. Pour eux, il faut surtout faire oublier les bienfaits de l’alimentation, des approches énergétiques, de la spiritualité et de la psychologie bien appliquée.

À SUIVRE – L’épigénétique selon Bruce Lipton, PhD